dimanche 6 septembre 2009

Retour sur le buzz "Jeunes et limités"

Tradition oblige, le mois de septembre est l'occasion pour les banques -entre autres- de lancer les hostilités en direction des étudiants. Plusieurs opés sont en cours, mais je préfère revenir sur l'un des buzz de l'été : "Jeunes et limités". Une vidéo plutôt bien foutue, lancée début août sur Internet... sans qu'on connaisse la marque qui en était à l'origine.



Une idée ? 15 jours plus tard, on découvrait qu'il s'agissait d'Universal Mobile. Comme à chaque fois, le plus amusant provient des hypothèses formulées. Imaginez-donc : le blog infoPub suggérait même qu'il s'agisse d'un buzz réalisé par une banque.

Vous pensez que l'une d'entre elles pourrait faire pareil ? Pourtant, cette année encore, le conservatisme bancaire devrait rester maître du jeu !

dimanche 10 mai 2009

Le self-service version "La Banque Postale"

Dans la foulée d'une campagne de publicité multicanal autour du thème "Une nouvelle façon de vivre sa banque" (Internet, print, télévision), La Banque Postale dégaine sa nouvelle approche d'entrée en relation.

Un assistant Flash oriente l'internaute vers l'offre la mieux adaptée

Vous avez ainsi le choix entre :
- "La Carte", qui correspond à un rendez-vous standard avec un conseiller pour faire du sur-mesure
- "Le Menu", qui permet d'ouvrir un compte à n'importe quel guichet, sans prendre rendez-vous mais en se contentant d'un package standard
- "Le Self-Service", qui correspond à une relation 100% à distance. L'ouverture de compte s'apparente un peu au service LCL à la Carte avec la gestion d'un panier d'achat, mais en plus simple et sans le leitmotiv des réductions.

Décidément, la Banque Postale rattrape ses confrères à vitesse grand V... jusqu'à le dépasser ? Voici en prime l'un des spots vidéos de la campagne, relayée notamment par Antoine :



samedi 7 février 2009

2009 mobile : l'année du changement pour les smartphones

J'avais terminé l'année 2008 sur un coup de cœur pour le touch HD de HTC, qui devrait rester durablement comme l'un des meilleurs smartphones disponibles sur le marché. Après quelques semaines d'utilisation, les seuls défauts anticipés se confirment : un appareil photo un peu en retrait ainsi qu'une autonomie perfectible (bien que meilleure que les précédents HTC). J'y ajouterai l'absence de crochet pour placer une dragonne ou encore les limites du processeur dans la fluidité de certaines vidéos : bref, cette micro-liste n'enlève rien à l'adéquation parfaite de l'appareil pour un usage professionnel, sans trop pénaliser l'usage personnel.

Dream G1 : le premier mobile HTC tournant sous Android
est annoncé pour le 13 mars en France au prix de 549€ seul

Je pensais bien que le début d'année 2009 serait trop calme pour voir arriver d'autres nouveautés majeures : la pauvreté du CES en janvier dernier semblait confirmer mes propos. Pour autant, à quelques jours du salon Mobile World Congress de Barcelone, force est de constater que les choses commencent à bouger. De nombreuses annonces auront lieu, en complément de ce qui a déjà été dévoilé ces dernières semaines. Projetons-nous donc un peu plus loin dans l'année - et au-delà - pour voir ce que le monde de la téléphonie mobile nous prépare.


2009 : la guerre des OS... et des navigateurs

La première tendance perceptible de 2009 est une bataille autour des systèmes d'exploitation. Jusqu'alors, le match opposait principalement Symbian (détenu par Nokia), Windows Mobile de Microsoft ou encore l'OS BlackBerry (limité à un usage pro).
Dans un statuquo généralisé, Nokia a perdu du terrain ; de son côté, la version 6 de Windows Mobile n'a pas apporté grand chose par rapport à la v5, et surtout pas de successeur au vieillissant Internet Explorer Mobile. Heureusement, le navigateur Opera a pris le relais, notamment dans sa version "Mini", afin de combler quelques-unes des lacunes d'IE Mobile. Pas de quoi révolutionner l'usage des mobiles...

Puis est arrivé l'iPhone, doté d'un "vrai Mac OS", pour reprendre les propos de Steve Jobs. Parfaite illustration du rôle primordial de l'OS dans un appareil, l'iPhone a réussi à s'imposer malgré un hardware quasiment obsolète dès son lancement (pas de 3G au démarrage - et toujours pas de 3G+ aujourd'hui, appareil photo ridicule, batterie non amovible, etc.). Produit parfaitement "time2market", l'iPhone a beaucoup misé sur Safari et les applications Internet : joli calcul, puisque les offres de surf en illimité commençaient à poindre le bout de leur nez. Autre parti pris : repenser totalement la navigation pour tenir compte du tactile, une technologie un peu oubliée depuis les PDA... à laquelle Apple a ajouté le "multi-points", c'est-à-dire concrètement la possibilité d'effectuer des mouvements à deux doigts et non plus un seul.

Première "image volée" d'une version alpha de Windows Mobile 6.5
Présentation officielle ce mois-ci à Barcelone, en attendant Windows 7.

Traumatisme chez tous les constructeurs : le grand public veut désormais du tactile, et il allait falloir s'adapter. Pour l'entrée de gamme, les OS propriétaires ont pu s'adapter rapidement (chez Samsung ou LG par exemple). Pour les smartphones haut de gamme, impossible de faire sans les OS existants. C'est alors que l'on a vu fleurir les "sur-couches" à Windows Mobile, chez HTC puis chez Samsung : l'OS de Microsoft s'est vu grandement customisé, au moins en surface, pour faire vendre du tactile. Mais alors que l'interface du Touch HD s'en sort à peu près correctement, ce n'était pas le cas des tentatives précédentes (bugs et lenteurs à gogo) : on sent bien que l'OS n'a jamais été prévu pour cela.

Afin de poursuivre sa conquête du grand public, Microsoft n'a pas le choix : sortir une version "6.5" de Windows Mobile sans attendre l'aboutissement de l'ambitieuse version 7, censée révolutionner les OS Mobile. Au programme, une page d'accueil présentant des icônes en "alvéoles" (cf. image ci-dessus), cliquables via l'écran tactile et davantage orientés vers les usages multimédia. Bref, une "petite évolution" comme le résume le site Lesnumeriques, mais suffisante pour répondre aux attentes actuelles du marché.

En attendant les "révolutions" futures, la fondation Mozilla a une autre approche : "pourquoi ne pas reproduire sur mobile le succès de Firefox sur les ordinateurs de bureau ?" Rumeur lancinante depuis plusieurs mois (pardon, plusieurs années), Firefox mobile a enfin un visage : celui de Fennec. Une version de développement alpha est d'ores et déjà disponible, que vous pouvez d'ailleurs tester sur votre PC via un émulateur. Il y a encore du travail, mais les principes de navigation sont prometteurs : les accrocs aux onglets seront ravis.
On ne sait pas encore précisément sur quelle(s) plate(s)-forme(s) ce navigateur sera disponible, mais il est peu probable que Fennec demeure réservé aux mobiles sous Linux : la sortie d'une version Windows Mobile semble évidente.


Une année "in the cloud"

De son côté, Google poursuit sa politique de "garbage can", à savoir lancer des produits tout azimut et évaluer ensuite leur pertinence par rapport au marché. Android, un OS open source destiné aux téléphones mobiles, est sans aucun doute plus "réfléchi" que la majorité des autres produits lancés par la firme américaine, et traduit une volonté plus stratégique de s'imposer chez les utilisateurs au-delà du navigateur web.
Les atouts d'Androïd ? Un OS 100% open-source, et 70% "in the cloud". En effet, cet OS est avant tout prévu pour mettre en avant les services de Google (GMail, Gtalk, Google Reader, Google Calendars, Google Maps, etc.), c'est-à-dire des applications SaaS 100% en ligne. Pour les compléter, un kit de développement permettra à tous de tirer partie du caractère open-source de cet OS. Pour diffuser ces applications tierces, Google vous invite à les proposer en téléchargement... sur l'android Market ! Qui a parlé d'Apple Store ? Il n'est donc pas surprenant qu'un Windows Mobile MarketPlace ait été commandé en urgence par les dirigeants de Microsoft.

Mais Google n'est pas le seul à jouer la convergence entre OS, applications et synchronisation "in the cloud. Palm, l'ancien Goliath tombé de son pied d'estalle, revient à la charge avec un produit intéressant : le Palm Pre.

Le Palm Pre a pour ambition de vulgariser
le smartphone haut de gamme

Le Palm Pre est LA seule bonne surprise du CES du mois dernier. Son design épuré en forme de galet cache des caractéristiques haut de gamme. Sans rentrer dans le détail, le Palm Pre rassemble un écran tactile, un clavier complet sous forme de slider, ou encore un socle à contact magnétique très séduisant qui permet à la fois la recharge et la synchronisation. Afin de démocratiser cet appareil orienté haut de gamme, Palm pourrait casser les prix par rapport aux produits équivalents tournant sous Windows Mobile, ou encore par rapport à l'iPhone.

Mais la nouveauté réside également dans l'OS, totalement revu et adapté à la navigation tactile. Malgré de grands airs d'iPhone, Palm revendique sa différence : le principe directeur consiste à rassembler facilement toutes vos données dans votre mobile, sans avoir à passer des heures pour paramétrer les synchronisations avec votre PC perso, votre PC de bureau, etc. En somme, ce n'est pas si nouveau que ça : tout dépendra de la facilité d'utilisation annoncée, chose que l'on ne peut pas porter à crédit de toutes les tentatives concurrentes.

En échos à cette volonté permanente de synchronisation, en tout lieu et à tout moment, le n°1 mondial Nokia se devait de réagir. Tout en réfléchissant à l'avenir de son OS Symbian, Nokia Beta Labs présente le service OVI. OVI, c'est un peu le "Mobile Me" de Nokia, c'est-à-dire un service qui permet de stocker toutes vos données à distance (mails, calendrier, photos, etc.) , et ainsi de synchroniser tous vos appareils (PC fixe, PC portable, téléphone mobile) quel que soit le lieu où vous vous trouvez. Vous pouvez également accéder à ses données directement depuis le site web support au service, en l'occurrence ovi.com. En bref, une navigation in the cloud... Nokia saura-t-il promouvoir ce service à sa juste valeur, ou OVI fera-t-il parti des nombreuses innovations du scandinave à rester confidentielles ?


Quoi de neuf côté hardware ?

J'ai lu il y a quelques semaines cette intéressante info de Nghia sur MobiFrance, expliquant que le mobile "Aquos FullTouch 931SH" de Sharp avait été élu meilleur téléphone japonais de l'année 2008. Sharp ? Aquos ? Peu de français doivent savoir que Sharp est également constructeur de mobile, et encore moins que la gamme "Aquos" - connue chez nous pour les écrans TV - se décline sur les téléphones.
Et pourtant, on ignore trop le niveau des caractéristiques des mobiles asiatiques, notamment japonais :
- écran de 3.8 pouces "16:9e" d'une résolution 1024 * 480 pixels
- appareil photo 5.2 M de pixels avec stabilisateur d'image
- tuner TV Mobile 1-Seg, 3G, bluetooth 2.0
- lecteur Micro SD et accéleromètre
- form factor de type slider, en plus de l'écran tactile

Premières photos du Sharp 932SH FullTouch,
autre modèle annoncé pour ce début d'année


Peut-être lui préférerez-vous le prochain Sharp 932SH et son appareil photo de 8M de pixels... Côté concurrence - asiatique évidemment - on n'est pas en reste. Samsung a ainsi présenté le SCH-W740 aux caractéristiques assez proches du 932. Plus innovant, le japonais Hitachi annonce le premier mobile avec affichage 3D : le H001 - c'est son nom - serait ainsi capable d'afficher des vidéos 3D (avec les fameuses lunettes ultra sexy ?), comme pourquoi pas le premier porno 3D au budget de 4 millions de dollars :)

Le premier mobile à écran 3D, par Hitachi

Si l'on se projette un peu plus loin, on constate que les cerveaux chauffent un peu partout dans les équipes R&D. Dernière illustration en date : un concept de téléphone mobile Open Source imaginé dans le cadre du programme Mozilla Labs' Concept Series, qui fédère les créateurs autour des problématiques liées aux produits de la fondation Mozilla.

Ce mobile Open-source de Mozilla, qui n'est qu'à l'état de concept, rassemble deux idées intéressantes :
- d'une part, le principe de contextualisation des boutons d'actions : selon l'application ou le contexte de navigation, l'utilisateur n'a pas besoin des mêmes touches. Les écrans tactiles utilisent à fond ce principe, mais on perd la sensation et la réactivité d'une touche "mécanique".
- d'autre part, le principe du fameux clavier Optimus, dont chaque touche intègre un écran OLED couleurs.

Concept de mobile par Mozilla Labs, les créateurs de firefox et de Fennec.
Le principe : des touches à écran OLED qui s'adaptent au contexte de navigation.


Au final, le concept permet de modifier le visuel de chaque touche en fonction du contexte de navigation dans le téléphone. Un principe intéressant, surtout couplé à une approche d'OS Open Source à l'instar d'Androïd. Reste à savoir si le produit sera "time2market", étant donné le prix exorbitant du clavier Optimus (qui coûte, de mémoire, plus de 1000$). De quoi nous faire rêver encore longtemps !

dimanche 18 janvier 2009

LCL à la carte : bienvenue dans l'ère du DELL-banking

Coup de tonnerre dans le petit monde de l'e-Banking français : LCL a annoncé ce 14 janvier le lancement de l'offre LCL à la carte, qui permet à tout internaute de composer lui-même son panier de services bancaires et de se voir proposer un devis immédiat en ligne.

En gestation depuis plusieurs mois, ce service casse littéralement les codes classiques du monde bancaire, fondé historiquement sur la fourniture de "packages" tout compris et à la tarification plutôt opaque. Analysons précisément ce nouveau modèle, qui ne constitue pas uniquement une révolution marketing...

Malgré des tons pastels vraiment tristes, une habitude chez LCL,
l'ergonomie générale est excellente



LCL à la carte : le self-service bancaire

Bien que ce "configurateur" de services soit également mis à disposition des conseillers en agence, il privilégie indéniablement l'autonomie de l'internaute. Ce dernier peut choisir :
- ses moyens de paiement (carte bancaire, chéquier),
- des solutions de trésorerie (découvert ou réserve de crédit),
- des services de banque au quotidien (fonctionnalités Internet payantes, alertes SMS),
- des assurances (moyens de paiement, habitation),
- des produits d'épargne simple (LDD, Livret A, CSL).
Une fois le devis effectué en ligne, un rendez-vous permet de concrétiser l'entrée en relation en face-à-face ; le conseiller connait alors de manière très précise les besoins du client, et peut se concentrer sur du rebond commercial (= vous vendre un crédit revolving, obtenir un transfert de livret d'épargne, etc.). Il est très probable que les responsables marketing réseau LCL aient calculé "l'économie en temps commercial" ainsi réalisé.

Pour autant, au-delà de l'intérêt certain que trouveront de nombreux internautes avec cette méthode, LCL à la carte matérialise un transfert de charge du conseiller vers le client. Malgré la mise en avant d'un service de web-callback, l'internaute est encouragé à se débrouiller lui-même : on entre ainsi dans l'ère du self-service bancaire, un pas que même les banques en ligne n'ont pas toutes osé franchir.
De plus, si l'on replace LCL dans le contexte stratégique du groupe Crédit Agricole, il est possible que ce nouveau service traduise un nouveau positionnement affirmé de la filiale ex-CréditLyonnais : après le slogan "plus plus" aux faux airs de hard-discounteurs, le configurateur en ligne renforce l'aspect "low-cost" de la relation bancaire mis en avant par LCL. Un positionnement innovant, qui pourrait s'avérer judicieux dans le contexte actuel.


Le génie marketing de modèle DELL

Indéniablement, LCL à la carte joue la transparence sur les prix. Vous connaissez en temps réel le prix de chaque option, de chaque offre et de chaque modalité : rien à voir avec les packages proposées par toutes les banques, y compris LCL avec ses formules Zen. Mais alors, LCL à la carte permet-il de faire des économies ?

Démonstration :

- prenons l'exemple d'une formule Zen, proposée jusqu'à présent par LCL. En compte simple, sans option supplémentaire et avec une VISA Premier à débit différé, le coût est de 13€ par mois.

- j'ai simulé avec LCL à la carte le choix des mêmes services (Visa Premier, Accès Internet, assurance des moyens de paiement), en choisissant l'option "relevés électroniques" pour bénéficier d'une petite réduction.
Coût mensuel : 13,62€ / mois
, soit un peu plus que la formule standard. Bonne surprise, LCL propose néanmoins un rabais de 37% si je choisis de domicilier mon salaire chez LCL (ce qui semble logique avec le choix d'une VISA Premier). Dans mon cas, j'obtiens alors une économie supplémentaire de 60€ / an.

Résultat d'une simulation LCL à la carte

L'économie possible est donc bien réelle. Plus généralement, le système offre de nombreux avantages, pour le client comme pour la banque :

1. le prospect visualise en temps réel les économies effectuées en choisissant plusieurs services, plutôt que de "subir" le prix packagé d'une formule.

2. la banque dévoile au client certaines pratiques commerciales du conseiller. En agence, domicilier son salaire est un bon argument pour obtenir des réductions. De même, la souscription d'assurance - qui rentrent généralement dans le comissionnement du conseiller, l'encourageront à vous offrir de petits services comme les alertes SMS ou l'accès aux services en ligne payant.

3. sur le principe de DELL, repris depuis par les opérateurs de téléphonie mobile, le simulateur encourage à la dépense : à partir d'un besoin initial (ouvrir un compte avec une carte bancaire), vous vous retrouvez rapidement avec une assurance, un crédit revolving et un compte sur livret... avec la conviction d'avoir réalisée une belle économie.

4. les prix sont transparents mais tout devient payant. L'ajout ultérieur d'une nouvelle option augmentera votre abonnement mensuel. Comme chez Orange ou SFR.


Réalisation : Web agency versus DSI

Comme pour chaque lancement, intéressons-nous à présent aux coulisses... c'est-à-dire à la réalisation graphique et technique.

LCL à la carte
est un simulateur complexe, qui comporte plusieurs étapes, de nombreux textes et des tarifs garantis (LCL parle en effet de "devis immédiat", ce qui implique donc un engagement de la part de la banque). On imagine de prime abord un développement complexe, des bases de paramétrage voire une synchronisation des tarifs avec les référentiels de la banque.

Une première analyse du simulateur permet pourtant de penser que c'est loin d'être le cas. Tout d'abord, l'ensemble du simulateur se déroule sans rechargement de page : les étapes, les bulles d'aides et la gestion des erreurs sont entièrement réalisées en javascript et en AJAX. La bibliothèque utilisée est la YUI (Yahoo User Interface), customisée pour l'intégration spécifique.
Un suivi des interactions serveur permet de constater que les appels AJAX concernent toutes les mises à jour du panier. Autrement dit, le serveur conserve en session l'ensemble des choix de l'utilisateur qui constitueront in fine le devis réalisé.

Suivi des appels AJAX lors de la mise à jour du panier

En revanche, l'affichage des "pop-in" présentant des infos sur chaque produit ne donne lieu à aucun chargement : tout est géré par des styles, permettent l'affichage ou le masquage d'éléments. On comprend alors facilement la lenteur de chargement de la première page, dont le poids avoisine les 330Ko ! De plus, les tarifs sont parfaitement intégrés dans le code HTML, entourés d'identifiants permettant de récupérer leur valeur pour les calculs : avec une intégration aussi complexe, on peut penser qu'au mieux leurs valeurs sont stockées "proprement" dans un référentiel présent sur l'outil de gestion de contenus du site.

La qualité du code html et des CSS de mise en forme est exemplaire. A en croire par le copyright du player flash, la réalisation graphique et html semble avoir été confiée une nouvelle fois à l'agence Autre Planète, l'un des partenaires historique de la banque.

Le découpage des rôles entre l'agence et la DSI semble donc bien maîtrisé. On pourrait se demander de prime abord pourquoi un tel simulateur n'a pas été réalisé en flash : après analyse, on comprend que le choix du HTML a permis une interaction sécurisée et facile avec un CMS (pour la gestion de contenu) et une session serveur (pour la gestion du panier).


Aussi bien d'un point de vue commercial que marketing, ce type de réflexion est encore trop peu courant dans le monde banque, et l'on peut féliciter LCL d'avoir franchi le pas. Cependant, je ne partage pas nécessairement l'analyse d'Antoine, selon qui l'âge d'or des packages toucherait à sa fin. Les packages (souvent en 2 ou 3 déclinaisons maximum) simplifient à leur manière la grille de lecture de l'offre, notamment pour le conseiller. De plus, la domiciliation d'un salaire, et donc l'adhésion à la plupart des services de banque au quotidien, sont encore souvent la résultante du choix d'un établissement pour son prêt immobilier : le client est alors moins regardant sur quelques euros de frais bancaires.
Comme je l'indiquais précédemment, l'offre répond à une segmentation de clientèle précise, et engendre certains impacts organisationnels pour la banque : un bilan dans 1 ou 2 ans devraient permettre de prendre du recul sur une telle stratégie.

Quelle que soit votre situation, faites-vous votre propre opinion en testant le service !

dimanche 11 janvier 2009

Crise bancaire : le boom des sites de P2P lending aux Etats-Unis

Dans un contexte morose de crise financière et bancaire, on a du mal à croire qu'un business model lié à l'emprunt et l'épargne soit en forte croissance. Et pourtant : le P2P-lending pourrait profiter pleinement de la déficience des acteurs traditionnels.


P2P lending : kesako ?

Commençons par le commencement. Le Person-to-Person lending est l'acronyme de "prêt de particulier à particulier" ; on parle aussi de "social lending", histoire d'avoir utilisé tous les termes à conséquence web 2.0. Comme toute tendance qui se respecte, le P2P lending a donné lieu à la création de plusieurs blogs (dont celui de Jean-Christophe), possède sa page sur Wikipedia, et fait même parler de lui sur les grandes chaînes américaines (voir la vidéo ci-dessous) :

video
reportage de CBS sur le site de P2P lending "lendingclub.com"

Une vidéo est souvent plus parlante qu'un long discours. Pour les non anglophones, le résumé est simple : permettre de trouver auprès d'internautes le financement que les banques n'accordent plus à des ménages endettés ou non suffisamment bien "scorés".

Comment procéder ? Sur le modèle de LendingClub, c'est très simple :
1. en s'inscrivant sur ce site de mise en relation entre emprunteurs et épargnants
2. en décrivant son projet, sa situation ou son histoire, et en précisant le montant du prêt souhaité

Le taux du prêt est généralement bien inférieur aux taux qu'une banque vous aurait éventuellement proposé, si tant est qu'elle vous en propose un. Perpuity, l'un des nouveaux entrants de ce secteur, propose une grille comparative des taux de crédit à la conso. Perpuity vous propose un taux à partir de 10%, alors que celui d'une banque -américaine- fleurtera rapidement à 15%. Vous pouvez également faire un tour sur les sites de Sofino ou de Cofidis pour trouver bien pire...


Pourquoi financer un prêt P2P ?

En face de l'emprunteur, des internautes ayant de l'argent à placer se retrouvent sur ces sites pour des motifs assez divers : dégoût de la bourse, volonté de se donner bonne conscience en aidant un concitoyen en difficulté... ou plus simplement recherche d'un retour sur investissement plus intéressant qu'un simple livrets d'épargne.

Si une personne demande un prêt de 5000€ pour, inutile de les débourser vous-mêmes : 100 personnes peuvent chacune investir 50€ pour que le prêt se réalise. Autrement dit, c'est une forme alternative de "fond commun de placement". Si l'emprunter rembourse correctement le prêt, le taux d'intérêt est intéressant (pas d'intermédiation bancaire, hormis la commission du site). S'il n'arrive pas à rembourser, le risque encouru demeurera faible pour chaque épargnant.

Le slogan de Perpuity Direct résume bien la démarche "win-win" poursuivie


De nombreux acteurs avec des positionnements de plus en plus différenciés

Coupons court aux fantasmes : il est aujourd'hui interdit, en France, de se prêter de l'argent entre particuliers. Aux Etats-Unis, le développement rapide de ce nouveau mode de financement a connu quelques soubresauts "législatifs". Encore récemment, NetBanker rédigait une lettre ouverture sur le sujet.

Néanmoins, le marché s'est considérablement développé depuis la création de Zopa en Angleterre, dès 2005 (!), généralement cité comme le premier site de P2P lending. Je reviendrais régulièrement, à travers des exemples, sur les différentes formes que prend le P2P Lending.

Néanmoins, le principe se complexifie de plus en plus :

- certains sites n'hésitent plus à "scorer" le risque d'un emprunteur, ou encore à créer des "listes profilées de prêts" afin de diluer les risques pris par les épargnants.

- d'autres proposent aux internautes de "noter" les emprunteurs, comme sur un site de vente aux enchères. Certains, comme Prosper.com, fonctionnent d'ailleurs sur le principe des sites d'enchères inversés : les épargnants vont enchérir à la baisse le taux d'intérêt qu'ils sont prêt à accepter pour prêter la somme demandée, ce qui permet à l'emprunter de trouver le taux de crédit le plus intéressant !

- d'autres, enfin, utilisent le P2P lending comme une source de financement des micro-crédit. L'emblématique Kiva.org vous propose ainsi de financer des projets dans les pays en développement.

Alors, convaincu(e) ? Je reviendrai régulièrement sur ce -vaste- sujet à l'avenir.