dimanche 6 septembre 2009

Retour sur le buzz "Jeunes et limités"

Tradition oblige, le mois de septembre est l'occasion pour les banques -entre autres- de lancer les hostilités en direction des étudiants. Plusieurs opés sont en cours, mais je préfère revenir sur l'un des buzz de l'été : "Jeunes et limités". Une vidéo plutôt bien foutue, lancée début août sur Internet... sans qu'on connaisse la marque qui en était à l'origine.



Une idée ? 15 jours plus tard, on découvrait qu'il s'agissait d'Universal Mobile. Comme à chaque fois, le plus amusant provient des hypothèses formulées. Imaginez-donc : le blog infoPub suggérait même qu'il s'agisse d'un buzz réalisé par une banque.

Vous pensez que l'une d'entre elles pourrait faire pareil ? Pourtant, cette année encore, le conservatisme bancaire devrait rester maître du jeu !

dimanche 10 mai 2009

Le self-service version "La Banque Postale"

Dans la foulée d'une campagne de publicité multicanal autour du thème "Une nouvelle façon de vivre sa banque" (Internet, print, télévision), La Banque Postale dégaine sa nouvelle approche d'entrée en relation.

Un assistant Flash oriente l'internaute vers l'offre la mieux adaptée

Vous avez ainsi le choix entre :
- "La Carte", qui correspond à un rendez-vous standard avec un conseiller pour faire du sur-mesure
- "Le Menu", qui permet d'ouvrir un compte à n'importe quel guichet, sans prendre rendez-vous mais en se contentant d'un package standard
- "Le Self-Service", qui correspond à une relation 100% à distance. L'ouverture de compte s'apparente un peu au service LCL à la Carte avec la gestion d'un panier d'achat, mais en plus simple et sans le leitmotiv des réductions.

Décidément, la Banque Postale rattrape ses confrères à vitesse grand V... jusqu'à le dépasser ? Voici en prime l'un des spots vidéos de la campagne, relayée notamment par Antoine :



samedi 7 février 2009

2009 mobile : l'année du changement pour les smartphones

J'avais terminé l'année 2008 sur un coup de cœur pour le touch HD de HTC, qui devrait rester durablement comme l'un des meilleurs smartphones disponibles sur le marché. Après quelques semaines d'utilisation, les seuls défauts anticipés se confirment : un appareil photo un peu en retrait ainsi qu'une autonomie perfectible (bien que meilleure que les précédents HTC). J'y ajouterai l'absence de crochet pour placer une dragonne ou encore les limites du processeur dans la fluidité de certaines vidéos : bref, cette micro-liste n'enlève rien à l'adéquation parfaite de l'appareil pour un usage professionnel, sans trop pénaliser l'usage personnel.

Dream G1 : le premier mobile HTC tournant sous Android
est annoncé pour le 13 mars en France au prix de 549€ seul

Je pensais bien que le début d'année 2009 serait trop calme pour voir arriver d'autres nouveautés majeures : la pauvreté du CES en janvier dernier semblait confirmer mes propos. Pour autant, à quelques jours du salon Mobile World Congress de Barcelone, force est de constater que les choses commencent à bouger. De nombreuses annonces auront lieu, en complément de ce qui a déjà été dévoilé ces dernières semaines. Projetons-nous donc un peu plus loin dans l'année - et au-delà - pour voir ce que le monde de la téléphonie mobile nous prépare.


2009 : la guerre des OS... et des navigateurs

La première tendance perceptible de 2009 est une bataille autour des systèmes d'exploitation. Jusqu'alors, le match opposait principalement Symbian (détenu par Nokia), Windows Mobile de Microsoft ou encore l'OS BlackBerry (limité à un usage pro).
Dans un statuquo généralisé, Nokia a perdu du terrain ; de son côté, la version 6 de Windows Mobile n'a pas apporté grand chose par rapport à la v5, et surtout pas de successeur au vieillissant Internet Explorer Mobile. Heureusement, le navigateur Opera a pris le relais, notamment dans sa version "Mini", afin de combler quelques-unes des lacunes d'IE Mobile. Pas de quoi révolutionner l'usage des mobiles...

Puis est arrivé l'iPhone, doté d'un "vrai Mac OS", pour reprendre les propos de Steve Jobs. Parfaite illustration du rôle primordial de l'OS dans un appareil, l'iPhone a réussi à s'imposer malgré un hardware quasiment obsolète dès son lancement (pas de 3G au démarrage - et toujours pas de 3G+ aujourd'hui, appareil photo ridicule, batterie non amovible, etc.). Produit parfaitement "time2market", l'iPhone a beaucoup misé sur Safari et les applications Internet : joli calcul, puisque les offres de surf en illimité commençaient à poindre le bout de leur nez. Autre parti pris : repenser totalement la navigation pour tenir compte du tactile, une technologie un peu oubliée depuis les PDA... à laquelle Apple a ajouté le "multi-points", c'est-à-dire concrètement la possibilité d'effectuer des mouvements à deux doigts et non plus un seul.

Première "image volée" d'une version alpha de Windows Mobile 6.5
Présentation officielle ce mois-ci à Barcelone, en attendant Windows 7.

Traumatisme chez tous les constructeurs : le grand public veut désormais du tactile, et il allait falloir s'adapter. Pour l'entrée de gamme, les OS propriétaires ont pu s'adapter rapidement (chez Samsung ou LG par exemple). Pour les smartphones haut de gamme, impossible de faire sans les OS existants. C'est alors que l'on a vu fleurir les "sur-couches" à Windows Mobile, chez HTC puis chez Samsung : l'OS de Microsoft s'est vu grandement customisé, au moins en surface, pour faire vendre du tactile. Mais alors que l'interface du Touch HD s'en sort à peu près correctement, ce n'était pas le cas des tentatives précédentes (bugs et lenteurs à gogo) : on sent bien que l'OS n'a jamais été prévu pour cela.

Afin de poursuivre sa conquête du grand public, Microsoft n'a pas le choix : sortir une version "6.5" de Windows Mobile sans attendre l'aboutissement de l'ambitieuse version 7, censée révolutionner les OS Mobile. Au programme, une page d'accueil présentant des icônes en "alvéoles" (cf. image ci-dessus), cliquables via l'écran tactile et davantage orientés vers les usages multimédia. Bref, une "petite évolution" comme le résume le site Lesnumeriques, mais suffisante pour répondre aux attentes actuelles du marché.

En attendant les "révolutions" futures, la fondation Mozilla a une autre approche : "pourquoi ne pas reproduire sur mobile le succès de Firefox sur les ordinateurs de bureau ?" Rumeur lancinante depuis plusieurs mois (pardon, plusieurs années), Firefox mobile a enfin un visage : celui de Fennec. Une version de développement alpha est d'ores et déjà disponible, que vous pouvez d'ailleurs tester sur votre PC via un émulateur. Il y a encore du travail, mais les principes de navigation sont prometteurs : les accrocs aux onglets seront ravis.
On ne sait pas encore précisément sur quelle(s) plate(s)-forme(s) ce navigateur sera disponible, mais il est peu probable que Fennec demeure réservé aux mobiles sous Linux : la sortie d'une version Windows Mobile semble évidente.


Une année "in the cloud"

De son côté, Google poursuit sa politique de "garbage can", à savoir lancer des produits tout azimut et évaluer ensuite leur pertinence par rapport au marché. Android, un OS open source destiné aux téléphones mobiles, est sans aucun doute plus "réfléchi" que la majorité des autres produits lancés par la firme américaine, et traduit une volonté plus stratégique de s'imposer chez les utilisateurs au-delà du navigateur web.
Les atouts d'Androïd ? Un OS 100% open-source, et 70% "in the cloud". En effet, cet OS est avant tout prévu pour mettre en avant les services de Google (GMail, Gtalk, Google Reader, Google Calendars, Google Maps, etc.), c'est-à-dire des applications SaaS 100% en ligne. Pour les compléter, un kit de développement permettra à tous de tirer partie du caractère open-source de cet OS. Pour diffuser ces applications tierces, Google vous invite à les proposer en téléchargement... sur l'android Market ! Qui a parlé d'Apple Store ? Il n'est donc pas surprenant qu'un Windows Mobile MarketPlace ait été commandé en urgence par les dirigeants de Microsoft.

Mais Google n'est pas le seul à jouer la convergence entre OS, applications et synchronisation "in the cloud. Palm, l'ancien Goliath tombé de son pied d'estalle, revient à la charge avec un produit intéressant : le Palm Pre.

Le Palm Pre a pour ambition de vulgariser
le smartphone haut de gamme

Le Palm Pre est LA seule bonne surprise du CES du mois dernier. Son design épuré en forme de galet cache des caractéristiques haut de gamme. Sans rentrer dans le détail, le Palm Pre rassemble un écran tactile, un clavier complet sous forme de slider, ou encore un socle à contact magnétique très séduisant qui permet à la fois la recharge et la synchronisation. Afin de démocratiser cet appareil orienté haut de gamme, Palm pourrait casser les prix par rapport aux produits équivalents tournant sous Windows Mobile, ou encore par rapport à l'iPhone.

Mais la nouveauté réside également dans l'OS, totalement revu et adapté à la navigation tactile. Malgré de grands airs d'iPhone, Palm revendique sa différence : le principe directeur consiste à rassembler facilement toutes vos données dans votre mobile, sans avoir à passer des heures pour paramétrer les synchronisations avec votre PC perso, votre PC de bureau, etc. En somme, ce n'est pas si nouveau que ça : tout dépendra de la facilité d'utilisation annoncée, chose que l'on ne peut pas porter à crédit de toutes les tentatives concurrentes.

En échos à cette volonté permanente de synchronisation, en tout lieu et à tout moment, le n°1 mondial Nokia se devait de réagir. Tout en réfléchissant à l'avenir de son OS Symbian, Nokia Beta Labs présente le service OVI. OVI, c'est un peu le "Mobile Me" de Nokia, c'est-à-dire un service qui permet de stocker toutes vos données à distance (mails, calendrier, photos, etc.) , et ainsi de synchroniser tous vos appareils (PC fixe, PC portable, téléphone mobile) quel que soit le lieu où vous vous trouvez. Vous pouvez également accéder à ses données directement depuis le site web support au service, en l'occurrence ovi.com. En bref, une navigation in the cloud... Nokia saura-t-il promouvoir ce service à sa juste valeur, ou OVI fera-t-il parti des nombreuses innovations du scandinave à rester confidentielles ?


Quoi de neuf côté hardware ?

J'ai lu il y a quelques semaines cette intéressante info de Nghia sur MobiFrance, expliquant que le mobile "Aquos FullTouch 931SH" de Sharp avait été élu meilleur téléphone japonais de l'année 2008. Sharp ? Aquos ? Peu de français doivent savoir que Sharp est également constructeur de mobile, et encore moins que la gamme "Aquos" - connue chez nous pour les écrans TV - se décline sur les téléphones.
Et pourtant, on ignore trop le niveau des caractéristiques des mobiles asiatiques, notamment japonais :
- écran de 3.8 pouces "16:9e" d'une résolution 1024 * 480 pixels
- appareil photo 5.2 M de pixels avec stabilisateur d'image
- tuner TV Mobile 1-Seg, 3G, bluetooth 2.0
- lecteur Micro SD et accéleromètre
- form factor de type slider, en plus de l'écran tactile

Premières photos du Sharp 932SH FullTouch,
autre modèle annoncé pour ce début d'année


Peut-être lui préférerez-vous le prochain Sharp 932SH et son appareil photo de 8M de pixels... Côté concurrence - asiatique évidemment - on n'est pas en reste. Samsung a ainsi présenté le SCH-W740 aux caractéristiques assez proches du 932. Plus innovant, le japonais Hitachi annonce le premier mobile avec affichage 3D : le H001 - c'est son nom - serait ainsi capable d'afficher des vidéos 3D (avec les fameuses lunettes ultra sexy ?), comme pourquoi pas le premier porno 3D au budget de 4 millions de dollars :)

Le premier mobile à écran 3D, par Hitachi

Si l'on se projette un peu plus loin, on constate que les cerveaux chauffent un peu partout dans les équipes R&D. Dernière illustration en date : un concept de téléphone mobile Open Source imaginé dans le cadre du programme Mozilla Labs' Concept Series, qui fédère les créateurs autour des problématiques liées aux produits de la fondation Mozilla.

Ce mobile Open-source de Mozilla, qui n'est qu'à l'état de concept, rassemble deux idées intéressantes :
- d'une part, le principe de contextualisation des boutons d'actions : selon l'application ou le contexte de navigation, l'utilisateur n'a pas besoin des mêmes touches. Les écrans tactiles utilisent à fond ce principe, mais on perd la sensation et la réactivité d'une touche "mécanique".
- d'autre part, le principe du fameux clavier Optimus, dont chaque touche intègre un écran OLED couleurs.

Concept de mobile par Mozilla Labs, les créateurs de firefox et de Fennec.
Le principe : des touches à écran OLED qui s'adaptent au contexte de navigation.


Au final, le concept permet de modifier le visuel de chaque touche en fonction du contexte de navigation dans le téléphone. Un principe intéressant, surtout couplé à une approche d'OS Open Source à l'instar d'Androïd. Reste à savoir si le produit sera "time2market", étant donné le prix exorbitant du clavier Optimus (qui coûte, de mémoire, plus de 1000$). De quoi nous faire rêver encore longtemps !

dimanche 18 janvier 2009

LCL à la carte : bienvenue dans l'ère du DELL-banking

Coup de tonnerre dans le petit monde de l'e-Banking français : LCL a annoncé ce 14 janvier le lancement de l'offre LCL à la carte, qui permet à tout internaute de composer lui-même son panier de services bancaires et de se voir proposer un devis immédiat en ligne.

En gestation depuis plusieurs mois, ce service casse littéralement les codes classiques du monde bancaire, fondé historiquement sur la fourniture de "packages" tout compris et à la tarification plutôt opaque. Analysons précisément ce nouveau modèle, qui ne constitue pas uniquement une révolution marketing...

Malgré des tons pastels vraiment tristes, une habitude chez LCL,
l'ergonomie générale est excellente



LCL à la carte : le self-service bancaire

Bien que ce "configurateur" de services soit également mis à disposition des conseillers en agence, il privilégie indéniablement l'autonomie de l'internaute. Ce dernier peut choisir :
- ses moyens de paiement (carte bancaire, chéquier),
- des solutions de trésorerie (découvert ou réserve de crédit),
- des services de banque au quotidien (fonctionnalités Internet payantes, alertes SMS),
- des assurances (moyens de paiement, habitation),
- des produits d'épargne simple (LDD, Livret A, CSL).
Une fois le devis effectué en ligne, un rendez-vous permet de concrétiser l'entrée en relation en face-à-face ; le conseiller connait alors de manière très précise les besoins du client, et peut se concentrer sur du rebond commercial (= vous vendre un crédit revolving, obtenir un transfert de livret d'épargne, etc.). Il est très probable que les responsables marketing réseau LCL aient calculé "l'économie en temps commercial" ainsi réalisé.

Pour autant, au-delà de l'intérêt certain que trouveront de nombreux internautes avec cette méthode, LCL à la carte matérialise un transfert de charge du conseiller vers le client. Malgré la mise en avant d'un service de web-callback, l'internaute est encouragé à se débrouiller lui-même : on entre ainsi dans l'ère du self-service bancaire, un pas que même les banques en ligne n'ont pas toutes osé franchir.
De plus, si l'on replace LCL dans le contexte stratégique du groupe Crédit Agricole, il est possible que ce nouveau service traduise un nouveau positionnement affirmé de la filiale ex-CréditLyonnais : après le slogan "plus plus" aux faux airs de hard-discounteurs, le configurateur en ligne renforce l'aspect "low-cost" de la relation bancaire mis en avant par LCL. Un positionnement innovant, qui pourrait s'avérer judicieux dans le contexte actuel.


Le génie marketing de modèle DELL

Indéniablement, LCL à la carte joue la transparence sur les prix. Vous connaissez en temps réel le prix de chaque option, de chaque offre et de chaque modalité : rien à voir avec les packages proposées par toutes les banques, y compris LCL avec ses formules Zen. Mais alors, LCL à la carte permet-il de faire des économies ?

Démonstration :

- prenons l'exemple d'une formule Zen, proposée jusqu'à présent par LCL. En compte simple, sans option supplémentaire et avec une VISA Premier à débit différé, le coût est de 13€ par mois.

- j'ai simulé avec LCL à la carte le choix des mêmes services (Visa Premier, Accès Internet, assurance des moyens de paiement), en choisissant l'option "relevés électroniques" pour bénéficier d'une petite réduction.
Coût mensuel : 13,62€ / mois
, soit un peu plus que la formule standard. Bonne surprise, LCL propose néanmoins un rabais de 37% si je choisis de domicilier mon salaire chez LCL (ce qui semble logique avec le choix d'une VISA Premier). Dans mon cas, j'obtiens alors une économie supplémentaire de 60€ / an.

Résultat d'une simulation LCL à la carte

L'économie possible est donc bien réelle. Plus généralement, le système offre de nombreux avantages, pour le client comme pour la banque :

1. le prospect visualise en temps réel les économies effectuées en choisissant plusieurs services, plutôt que de "subir" le prix packagé d'une formule.

2. la banque dévoile au client certaines pratiques commerciales du conseiller. En agence, domicilier son salaire est un bon argument pour obtenir des réductions. De même, la souscription d'assurance - qui rentrent généralement dans le comissionnement du conseiller, l'encourageront à vous offrir de petits services comme les alertes SMS ou l'accès aux services en ligne payant.

3. sur le principe de DELL, repris depuis par les opérateurs de téléphonie mobile, le simulateur encourage à la dépense : à partir d'un besoin initial (ouvrir un compte avec une carte bancaire), vous vous retrouvez rapidement avec une assurance, un crédit revolving et un compte sur livret... avec la conviction d'avoir réalisée une belle économie.

4. les prix sont transparents mais tout devient payant. L'ajout ultérieur d'une nouvelle option augmentera votre abonnement mensuel. Comme chez Orange ou SFR.


Réalisation : Web agency versus DSI

Comme pour chaque lancement, intéressons-nous à présent aux coulisses... c'est-à-dire à la réalisation graphique et technique.

LCL à la carte
est un simulateur complexe, qui comporte plusieurs étapes, de nombreux textes et des tarifs garantis (LCL parle en effet de "devis immédiat", ce qui implique donc un engagement de la part de la banque). On imagine de prime abord un développement complexe, des bases de paramétrage voire une synchronisation des tarifs avec les référentiels de la banque.

Une première analyse du simulateur permet pourtant de penser que c'est loin d'être le cas. Tout d'abord, l'ensemble du simulateur se déroule sans rechargement de page : les étapes, les bulles d'aides et la gestion des erreurs sont entièrement réalisées en javascript et en AJAX. La bibliothèque utilisée est la YUI (Yahoo User Interface), customisée pour l'intégration spécifique.
Un suivi des interactions serveur permet de constater que les appels AJAX concernent toutes les mises à jour du panier. Autrement dit, le serveur conserve en session l'ensemble des choix de l'utilisateur qui constitueront in fine le devis réalisé.

Suivi des appels AJAX lors de la mise à jour du panier

En revanche, l'affichage des "pop-in" présentant des infos sur chaque produit ne donne lieu à aucun chargement : tout est géré par des styles, permettent l'affichage ou le masquage d'éléments. On comprend alors facilement la lenteur de chargement de la première page, dont le poids avoisine les 330Ko ! De plus, les tarifs sont parfaitement intégrés dans le code HTML, entourés d'identifiants permettant de récupérer leur valeur pour les calculs : avec une intégration aussi complexe, on peut penser qu'au mieux leurs valeurs sont stockées "proprement" dans un référentiel présent sur l'outil de gestion de contenus du site.

La qualité du code html et des CSS de mise en forme est exemplaire. A en croire par le copyright du player flash, la réalisation graphique et html semble avoir été confiée une nouvelle fois à l'agence Autre Planète, l'un des partenaires historique de la banque.

Le découpage des rôles entre l'agence et la DSI semble donc bien maîtrisé. On pourrait se demander de prime abord pourquoi un tel simulateur n'a pas été réalisé en flash : après analyse, on comprend que le choix du HTML a permis une interaction sécurisée et facile avec un CMS (pour la gestion de contenu) et une session serveur (pour la gestion du panier).


Aussi bien d'un point de vue commercial que marketing, ce type de réflexion est encore trop peu courant dans le monde banque, et l'on peut féliciter LCL d'avoir franchi le pas. Cependant, je ne partage pas nécessairement l'analyse d'Antoine, selon qui l'âge d'or des packages toucherait à sa fin. Les packages (souvent en 2 ou 3 déclinaisons maximum) simplifient à leur manière la grille de lecture de l'offre, notamment pour le conseiller. De plus, la domiciliation d'un salaire, et donc l'adhésion à la plupart des services de banque au quotidien, sont encore souvent la résultante du choix d'un établissement pour son prêt immobilier : le client est alors moins regardant sur quelques euros de frais bancaires.
Comme je l'indiquais précédemment, l'offre répond à une segmentation de clientèle précise, et engendre certains impacts organisationnels pour la banque : un bilan dans 1 ou 2 ans devraient permettre de prendre du recul sur une telle stratégie.

Quelle que soit votre situation, faites-vous votre propre opinion en testant le service !

dimanche 11 janvier 2009

Crise bancaire : le boom des sites de P2P lending aux Etats-Unis

Dans un contexte morose de crise financière et bancaire, on a du mal à croire qu'un business model lié à l'emprunt et l'épargne soit en forte croissance. Et pourtant : le P2P-lending pourrait profiter pleinement de la déficience des acteurs traditionnels.


P2P lending : kesako ?

Commençons par le commencement. Le Person-to-Person lending est l'acronyme de "prêt de particulier à particulier" ; on parle aussi de "social lending", histoire d'avoir utilisé tous les termes à conséquence web 2.0. Comme toute tendance qui se respecte, le P2P lending a donné lieu à la création de plusieurs blogs (dont celui de Jean-Christophe), possède sa page sur Wikipedia, et fait même parler de lui sur les grandes chaînes américaines (voir la vidéo ci-dessous) :

video
reportage de CBS sur le site de P2P lending "lendingclub.com"

Une vidéo est souvent plus parlante qu'un long discours. Pour les non anglophones, le résumé est simple : permettre de trouver auprès d'internautes le financement que les banques n'accordent plus à des ménages endettés ou non suffisamment bien "scorés".

Comment procéder ? Sur le modèle de LendingClub, c'est très simple :
1. en s'inscrivant sur ce site de mise en relation entre emprunteurs et épargnants
2. en décrivant son projet, sa situation ou son histoire, et en précisant le montant du prêt souhaité

Le taux du prêt est généralement bien inférieur aux taux qu'une banque vous aurait éventuellement proposé, si tant est qu'elle vous en propose un. Perpuity, l'un des nouveaux entrants de ce secteur, propose une grille comparative des taux de crédit à la conso. Perpuity vous propose un taux à partir de 10%, alors que celui d'une banque -américaine- fleurtera rapidement à 15%. Vous pouvez également faire un tour sur les sites de Sofino ou de Cofidis pour trouver bien pire...


Pourquoi financer un prêt P2P ?

En face de l'emprunteur, des internautes ayant de l'argent à placer se retrouvent sur ces sites pour des motifs assez divers : dégoût de la bourse, volonté de se donner bonne conscience en aidant un concitoyen en difficulté... ou plus simplement recherche d'un retour sur investissement plus intéressant qu'un simple livrets d'épargne.

Si une personne demande un prêt de 5000€ pour, inutile de les débourser vous-mêmes : 100 personnes peuvent chacune investir 50€ pour que le prêt se réalise. Autrement dit, c'est une forme alternative de "fond commun de placement". Si l'emprunter rembourse correctement le prêt, le taux d'intérêt est intéressant (pas d'intermédiation bancaire, hormis la commission du site). S'il n'arrive pas à rembourser, le risque encouru demeurera faible pour chaque épargnant.

Le slogan de Perpuity Direct résume bien la démarche "win-win" poursuivie


De nombreux acteurs avec des positionnements de plus en plus différenciés

Coupons court aux fantasmes : il est aujourd'hui interdit, en France, de se prêter de l'argent entre particuliers. Aux Etats-Unis, le développement rapide de ce nouveau mode de financement a connu quelques soubresauts "législatifs". Encore récemment, NetBanker rédigait une lettre ouverture sur le sujet.

Néanmoins, le marché s'est considérablement développé depuis la création de Zopa en Angleterre, dès 2005 (!), généralement cité comme le premier site de P2P lending. Je reviendrais régulièrement, à travers des exemples, sur les différentes formes que prend le P2P Lending.

Néanmoins, le principe se complexifie de plus en plus :

- certains sites n'hésitent plus à "scorer" le risque d'un emprunteur, ou encore à créer des "listes profilées de prêts" afin de diluer les risques pris par les épargnants.

- d'autres proposent aux internautes de "noter" les emprunteurs, comme sur un site de vente aux enchères. Certains, comme Prosper.com, fonctionnent d'ailleurs sur le principe des sites d'enchères inversés : les épargnants vont enchérir à la baisse le taux d'intérêt qu'ils sont prêt à accepter pour prêter la somme demandée, ce qui permet à l'emprunter de trouver le taux de crédit le plus intéressant !

- d'autres, enfin, utilisent le P2P lending comme une source de financement des micro-crédit. L'emblématique Kiva.org vous propose ainsi de financer des projets dans les pays en développement.

Alors, convaincu(e) ? Je reviendrai régulièrement sur ce -vaste- sujet à l'avenir.

samedi 10 janvier 2009

Gérer son argent en ligne : l'avenir de l'ebanking ? (partie 1)

Ils peuvent se targuer d'être la plus grande arlésienne de ces dernières années dans le monde de l'e-banking français : les outils de gestion financière en ligne aka Online Personal Finances Manager (Online PFM). Plutôt que de survoler un sujet aussi vaste en un seul article, je vous propose une série de posts pour découvrir ces outils, comprendre leur fonctionnement et anticiper de manière pragmatique leur avenir en France.


Les sites de banques en ligne français : rapide état des lieux

A quoi servent aujourd'hui les sites de banques en ligne pour un particulier ? Sans qu'il soit nécessaire de citer la dernière étude Gartner ou Forrester sur le sujet, on réalise rapidement qu'ils servent avant tout à consulter ses comptes. En terme d'audience, on peut estimer en moyenne que plus de 80% du trafic des sites de banque concerne la consultation de l'espace client transactionnel.

Par rapport aux relevés de compte papier, la consultation en ligne propose historiquement de nombreux avantages :
- la consultation au jour le jour, avec un décalage de 48 heures ouvrés maximum
- la consultation des encours de cartes bancaires
- plus récemment, mais pas encore dans toutes les banques : la consultation de la position de gestion, c'est-à-dire du solde du compte en incluant des opérations en cours de traitement ou programmeés (virement non encore effectué, prélèvement automatique, ...).

Bien évidemment, les sites de banques en ligne y ont ajouté depuis longtemps la possibilité de réaliser des actes de gestion courante, comme les virements de compte à compte (interne à la banque ou vers un compte d'une autre banque).

LCL a judicieusement lancé son service en fin de l'année,
avant l'envoi des relevés annuels de frais et d'intérêts.

La tendance "green banking" du moment voit également le développement rapide des relevés de compte électroniques, qui permettent au client de ne plus archiver de papier et à la banque de réaliser des économies substantielles sur l'envoi des courriers ; accessoirement, c'est également un acte intéressant pour l'environnement. A titre d'exemple, la Société Générale et certaines caisses régionales du Crédit Agricole le proposent depuis plusieurs années, alors que LCL et la Banque Postale viennent toutes deux de lancer ce service.


"Faire ses comptes" : un besoin qui ne date pas d'aujourd'hui

Les sites de banque en ligne auraient-ils donc remplacé irrémédiablement les relevés papier ? C'est loin d'être le cas pour la plupart des français, qui vérifient encore sur leurs relevés chaque ticket de caisse, chaque chèque et chaque prélèvement automatique. Dans le milieu bancaire, on parle de "pointage des écritures", que seul Boursorama Banque propose en ligne à ma connaissance. Les autres sont alors contraints de garder leurs bons vieux relevés papier... ou d'imprimer à leurs frais leurs nouveaux relevés électroniques !

De manière générale, les banques restituent les mouvements de vos comptes, mais ne vont pas au-delà. Pas de gestion prévisionnelle, pas de catégorisation des mouvements, pas de graphiques, ... Bref, pas de gestion de finances personnelles. Tout au plus, on notera les services d'alertes SMS en cas de dépassement d'un seuil (à la hausse ou la baisse). Étant donné le prix de l'abonnement à ses alertes, on comprendra pourquoi toutes les banques ont suivi le mouvement.

Money n'est plus commercialisé en français, depuis la version 2005

Bien évidemment, les logiciels comme Microsoft Money ne datent pas d'aujourd'hui, et se proposent de prendre le relais. Ils constituent même historiquement l'une des premières utilisations grand public des ordinateurs individuels (la première version de Money remonte à 1991 !). Au programme : vérifier ses comptes, agréger plusieurs comptes d'une ou plusieurs banques au même endroit, mais aussi "préparer son budget". Ces logiciels permettent en effet de catégoriser chaque revenu ou chaque dépense, afin de vérifier l'évolution de son budget loisirs ou encore de comprendre la répartition de ses postes de dépenses afin d'anticiper au mieux le budget vacances de l'été prochain. Depuis, la concurrence est devenue plétorique comme l'illiustre ce comparatif (en anglais et non exhaustif). Si l'on devait néanmoins en retenir un seul, ce serait le logiciel libre français Grisbi.

Alors qu'il était au départ nécessaire de ressaisir manuellement chaque transaction, les sites de banques en ligne proposent depuis très longtemps le téléchargement des écritures de chaque compte, afin de les importer automatiquement dans Money ou tout autre logiciel du genre. Cette opération fastidieuse a ensuite été automatisée, afin de télécharger les écritures sans quitter le logiciel (nous y reviendrons dans la seconde partie).


Les outils de gestion financière en ligne : des "Money-light" gratuits ?

A l'ère du "cloud computing" mais surtout du tout-gratuit, les logiciels en boite n'ont plus la côte. Alors que Money n'est plus commercialisée en France depuis plusieurs années, il n'était pas surprenant de voir débarquer des alternatives 100% en ligne, la plupart gratuites. Alors que des ovnis payants existent toujours, comme Monec, l'année 2008 aura vu apparaître des logiciels un peu plus modernes, à défaut d'être "web 2.0 proof".

Commençons par Iswigo, lancé depuis mai dernier. Gratuit, ce logiciel nantais est très complet mais aussi très franco-français dans son approche. L'interface (assez criarde) et les fonctionnalités (pointage des écritures, rapprochement des relevés) s'apparentent à un logiciel classique souhaité par l'utilisateur français moyen, sans apporter de réelle valeur ajoutée : on retient principalement la gratuité, argument auquel Iswigo ajoute le stockage des données en ligne afin d'éviter de tout perdre en cas de virus ou de plantage. C'est un peu tiré par les cheveux mais cela pourra peut-être en convaincre certains.

Winancial (ci-dessus) et surtout Optissima proposent des interfaces plus adaptées au web

Un peu plus moderne d'aspect, Winancial est un service de gestion de comptes en ligne 100% en flash / flex. Lancé au cours du dernier trimestre 2008, Winancial a été agréé par le pôle de compétitivité "France Innovation" en décembre dernier, ce qui devrait les aider à lever des fonds nécessaires à leur développement. Néanmoins, comme pour Iswigo, un utilisateur traditionnel de Money ne verra pas -encore- l'intérêt de passer à cet outil.


2009 : vers des solutions enfin innovantes et "sociales"

L'absence de différenciation des outils en ligne avec les logiciels traditionnels n'est pas une finalité. Dans la lignée des excellentes applications en ligne anglo-saxonnes, la société Kredity a lancé en novembre dernier le site Optissima.com, qui offre enfin de la nouveauté. Optissima vous propose ainsi de "retrouver du pouvoir d'achat". Rien que ça !

Pour y arriver, deux fonctionnalités emblématiques sont proposées :

1. comparer l'évolution de vos postes de dépenses avec d'autres utilisateurs qui partagent le même objectif. Par exemple, diminuer votre budget loisirs en prévision des prochaines vacances ; de quoi vous inciter à respecter vos engagements !

2. vous suggérer des produits financiers : crédits à la conso, regroupement de crédits, ou même livrets d'épargne plus avantageux. Optissima analyse vos comptes et les compare avec sa base de données des offres du marché, afin de vous aider à choisir les produits les plus adaptés.

L'offre francophone est donc encore loin de ce que proposent les outils en ligne américain, sur lesquels je reviendrai par la suite. Néanmoins, on peut raisonnablement parier sur une maturation de l'offre FR en 2009, et sur l'arrivée de bonnes surprises. En attendant, beaucoup pourront se reporter sur la version française de buxfer, qui fait partie des valeurs montantes du secteurs.
Pour autant, ces start-ups auront du mal à surmonter une barrière : l'impossibilité de télécharger automatiquement les écritures depuis les banques françaises, alors que c'est désormais un standard outre-atlantique. Comme dirait la pub, "des solutions existent" : je vous les exposerai dans la seconde partie.

samedi 3 janvier 2009

"C koi ce 3% ?" : un nouveau compte courant rémunéré pour la Caisse d'Epargne

Alors que je vous parlais la semaine dernière de la campagne pub ING Direct, annonçant l'arrivée prochaine d'une compte courant chez la banque Orange, l'écureuil commence l'année en trombe avec un "compte courant rémunéré 3%*" (avec l'astérisque, bien évidemment). Retour sur le buzz et sur le détail de cette offre.

Un buzz classique, quoique monté un peu rapidement

Sur le principe, la Caisse d'Epargne avait déjà fait parler d'elle lors du lancement de leur premier compte rémunéré à 1,5%. C'est un principe similaire qui a été retenu aujourd'hui : trois clips, publiés comme il se doit sur le site de partage vidéos DailyMotion, mettent en scène des animaux qui discutent autour d'un "3%" énigmatique. Une manière de laisser soin à l'internaute d'imaginer la signification du chiffre. Premier bilan : des vidéos visualisées plusieurs milliers de fois, et plus de 6500 aujourd'hui pour la plus performante.

Particularité intéressante de l'opération : un subtile mélange entre les médias (web+TV+print), qui souligne l'importance du budget consacré ; en effet, les vidéos de buzz Internet ont été accompagnées d'une campagne pub télévisée. Il en résulte un cas d'école intéressant, qui permet de rappeler quelques points-clés inhérents à la méthode. Les appliquer dans la réalité est souvent complexe !

- Tenir compte des plannings médias. Les spots TV, évidemment planifiés bien à l'avance, sont passés à l'antenne en faisant la promotion d'un site indisponible, sans doute non finalisé à temps. La banque s'en est excusée, en reconnaissant un problème technique malvenu en période de fêtes. Et oui, même le renvoi d'un nom de domaine doit se planifier :) L'hypothèse d'un retard apparent de l'opé web se confirme lorsque l'on constate que le buzz n'aura duré qu'une semaine, entre la publication des vidéos et l'annonce officielle du compte dépôt rémunéré 3%.

- Mener l'opération en parallèle sur les sites officiels. Aucun relais de la campagne n'a été effectué ni sur les sites des caisses régionales ni sur le site institutionnel, vers lesquels les téléspectateurs auraient pu se diriger. Ceux-ci proposent toujours aujourd'hui - 3 janvier - un compte rémunéré à 1,5%. En cherchant bien, une bannière en rotation renvoie vers une page dédiée au compte rémunéré 3%... depuis l'officialisation de l'offre début janvier.
En réalité, il fallait se rendre sur le site ecureuil.fr (le "blog officiel" de la banque) pour trouver l'information, via un post effectué dès le 27 décembre. Si une agence média peut relayer une info sur son périmètre d'intervention (blog, espaces pubs achetés, voire télévision), elle aura davantage de difficultés à intégrer les "organes officiels" dans son dispositif. C'est dommage étant donné le trafic de ces sites, même restreints aux prospects, principale cible de l'opération.

- Maîtriser le buzz. Les commentaires laissés par les internautes sur le blog officiel sont assez instructifs. En effet, dès fin décembre, certains d'entre eux ont reçu un appel de leur conseiller qui les invitait à prendre rendez-vous pour se voir proposer un livret rémunéré à 3% !




Une offre différenciante et "anti-crise"

Attardons-nous à présent sur l'offre en elle-même. La rémunération proposée :

- est de 3% bruts, soumis à l'impôt sur le revenu ou au prélèvement libératoire forfaitaire, comme tous les livrets d'épargne hors Livret A / LDD. Ce taux est garanti jusqu'au 31 décembre 2009, après quoi je n'ai pas trouvé d'informations sur l'éventuelle rémunération proposée.

- nécessite la souscription d'un "package" Caisse d'Epargne (en résumé : compte courant + carte bancaire + assurance moyens de paiement). Plus précisément, cela concerne les packs "Forfait Satellis Essentiel" (carte Visa standard) et "Forfait Satellis Integral" (carte Visa Premier). Elle est limitée à 2500 € pour le forfait Essentiel, et sans limite pour le forfait Integral.

- nécessite la domiciliation du salaire sur ce compte courant. Bon point : l'offre n'est pas réservée aux nouveaux clients. En effet, les clients Caisse d'Epargne qui disposent d'un forfait Essentiel peuvent bénéficier des 3% s'ils effectuent une montée en gamme vers le forfait Intégral... facturé plus cher.

  • Prix du forfait Essentiel (carte Bleue Visa)
débit immédiat : 6.85 €/mois
débit différé : 7.75 €/mois
  • Prix du forfait Integral (carte Visa Premier)
démit immédiat ou différé : 13.40 €/mois

Alors que les taux d'épargne devraient baisser de manière drastique en février, on peut considérer que 3% est un bon taux pour de l'épargne disponible. De plus, avec une absence de plafond à condition de cotiser pour une VISA Premier, il s'agira peut-être d'un très bon taux d'épargne ; en effet, la rémunération de la plupart des Comptes sur Livret pourrait baisser en dessous de 3% dès février ! De quoi laisser son argent disponible sur le compte courant, sans se soucier de le transférer sur un CSL..
A titre de comparaison, la Barclays offrait déjà 3% bruts, à conditions de dépenser chaque mois plus de 750€ avec sa carte bancaire, et dans la limite de 10 000€. L'offre de la caisse d'épargne est donc bien moins contraignante.

2009 : l'année des comptes courant ?

Après la pseudo-guerre entre banques autour de la libéralisation du Livret A, et dans un contexte où les prêts immo ne jouent plus vraiment leur rôle de "recruteur" de clients, le compte courant rémunéré est-il la nouvelle arme ? C'est sans doute une voie possible, mais qui ne remplacera pas la rentabilité des super-livrets ni même, pour de l'argent bloquée, celle des fonds en euros sur une Assurance Vie.
Alors que l'on attend le positionnement d'ING Direct sur le marché des comptes courants et que Boursorama préfère offrir gratuitement une carte bancaire à ses clients, les banques traditionnelles ne devraient pas suivre cette voie : elles semblent davantage attachées à valoriser leur offre existante en mettant en avant le service et la confiance. Dit autrement, la priorité du moment est de conserver la rentabilité.